Un groupe industriel coté européen, capitalisation supérieure à 15 milliards d'euros, présent dans une trentaine de pays, structuré autour d'une dizaine de divisions autonomes, est informé par un journal national de la publication imminente d'une enquête. Un ancien cadre d'une filiale de production sur un marché émergent a transmis des documents internes attestant d'une pratique conforme à la législation locale, mais contestable au regard des standards éthiques que le groupe communique publiquement.
Le comité de crise se réunit à minuit, dès la première information transmise par la direction juridique. Il dispose de trois heures. Les conseils habituels du groupe — agences de communication de crise, avocats spécialisés, communicants internes — formulent des recommandations divergentes, fondées sur des expertises solides mais sur un nombre limité de précédents comparables.
Ce qui manque n'est pas une opinion supplémentaire. C'est une évaluation des trajectoires probables de chaque réponse possible, publics par publics, sur les 72 heures suivantes.