ÉNERGIE & UTILITIES · TRANSITION TERRITORIALE

« Comment accompagner la fermeture programmée d'une centrale thermique sur son territoire d'implantation ? »

Un groupe énergétique européen préparait la fermeture d'une centrale thermique exploitée depuis plus de 40 ans dans un bassin industriel français. La fermeture s'inscrivait dans la trajectoire européenne de décarbonation et était acquise politiquement à horizon 60 mois.

Le site employait directement 380 personnes, avec un impact indirect estimé à 1 400 emplois territoriaux. La question n'était pas de savoir si la centrale fermerait. Elle était de savoir ce qui existerait après elle.

Rue ordinaire d'une commune française : maisons, voitures stationnées, commerces de proximité et deux passants ; au fond du paysage, la tour de refroidissement et la cheminée d'une centrale thermique.
DÉCISION
Choisir la stratégie d'accompagnement territorial d'une fermeture de centrale thermique déjà acquise politiquement
POPULATION
1,1 million d'habitants, actifs et parties prenantes synthétiques du bassin d'emploi, 14 profils
CE QUI EST TESTÉ
4 stratégies de reconversion territoriale
HORIZON
60 mois post-annonce

LE PROBLÈME

La fermeture
a une date.
Le territoire, lui,
a une trajectoire.

Une unité de production peut être arrêtée à une date décidée. Le bassin d'emploi qui s'est construit autour d'elle, non. Le territoire était historiquement lié à la centrale : plusieurs générations de familles y avaient travaillé, et l'identité locale portait la mémoire industrielle du site.

Deux fermetures d'autres sites industriels dans le même bassin, quinze ans plus tôt, avaient laissé une trace économique et sociale durable. Le risque de mobilisation politique et syndicale était significatif : plusieurs élus locaux et fédérations syndicales étaient prêts à contester la fermeture.

La direction du groupe a mobilisé notre système pour tester 4 stratégies de reconversion territoriale, avec une attention particulière portée à l'accompagnement des salariés, au projet de reconversion du site industriel, et à la relation avec les élus locaux et les organisations syndicales.

CE QUI EST ACQUIS

  • une centrale thermique exploitée depuis plus de 40 ans dans un bassin industriel français
  • une fermeture inscrite dans la trajectoire européenne de décarbonation, acquise politiquement à horizon 60 mois
  • 380 personnes employées directement sur le site
  • un impact indirect estimé à 1 400 emplois territoriaux : sous-traitance, prestataires, activité commerciale locale
  • deux fermetures industrielles dans le même bassin quinze ans plus tôt, et leur trace économique et sociale
  • un risque de mobilisation politique et syndicale documenté, élus locaux et fédérations prêts à contester

CE QUI DIFFÈRE POUR CHACUN

  • exposition à la centrale
  • ancienneté sur le territoire
  • engagement politique et syndical
  • rapport à la transition énergétique

UNE VARIABLE : LA DÉPENDANCE INDIRECTE

Travailler dans la centrale
n'est pas la seule manière
d'en dépendre.

LE PÉRIMÈTRE DE LA DÉCISION EST PLUS LARGE QUE LE PÉRIMÈTRE DU SITESITE ET SALARIÉS DIRECTSSOUS-TRAITANTS ET PRESTATAIRESCOMMERCE ET ACTIVITÉ LOCALECOLLECTIVITÉS ET SERVICESFOYERS ET TERRITOIRE

Schéma conceptuel. Il ne représente aucune valeur mesurée : il situe seulement les cercles de dépendance documentés dans ce cas.

380 personnes travaillaient sur le site. L'impact indirect était estimé à 1 400 emplois territoriaux : sous-traitance, prestataires, activité commerciale locale. Le périmètre de la décision dépassait donc largement le périmètre de l'entreprise.

  1. 01CE QUI FERMEUne unité de production, exploitée depuis plus de 40 ans, dont la date de fermeture est déjà arrêtée.
  2. 02CE QUI EST DIRECTEMENT CONCERNÉ380 salariés du site, dont les trajectoires professionnelles dépendent du dispositif retenu.
  3. 03CE QUI EST INDIRECTEMENT CONCERNÉ1 400 emplois territoriaux estimés : sous-traitance, prestataires, activité commerciale locale.
  4. 04CE QUE CELA DÉPLACELa décision ne porte pas sur la fermeture d'un site, mais sur la trajectoire d'un bassin d'emploi.

LA QUESTION INSUFFISANTE

« Sont-ils favorables
à la fermeture ? »
n'ouvrait aucune décision.

La fermeture était acquise politiquement à horizon 60 mois. Ce qui restait ouvert n'était pas l'arrêt du site, mais la manière dont il serait annoncé, accompagné, financé et gouverné.

LA QUESTION POSÉE D'HABITUDE

« Les habitants sont-ils favorables à la fermeture ? » La fermeture était déjà acquise politiquement : la question n'ouvrait aucune décision.

LA QUESTION RÉELLEMENT POSÉE

« Comment accompagner la fermeture programmée d'une centrale thermique sur son territoire d'implantation ? »

CE QUE MONTRE LE CAS

L'acceptation territoriale passe de 34 % à 62 % selon le seul séquencement des annonces, à décision de fermeture inchangée.

CE QUE CELA IMPLIQUE

Ce qui se décidait n'était pas la fermeture, mais la visibilité de ce qui existerait après elle.

CE QUI EST TESTÉ

Quatre stratégies
de reconversion territoriale.

La fermeture est identique dans tous les cas. Ce qui varie, ce sont les architectures d'accompagnement : le séquencement des annonces, le format du dispositif salariés, et la gouvernance du projet de reconversion. Ces configurations ont été testées séparément.

  1. 01ANNONCE SIMULTANÉEFermeture et projet de reconversion annoncés en même temps, sans antériorité donnée au projet industriel.
  2. 02RECONVERSION ANNONCÉE D'ABORDProjet de reconversion annoncé avant la fermeture, avec engagement chiffré sur les emplois créés, calendrier d'exécution et dispositifs de formation.
  3. 03DISPOSITIF SALARIÉS INDICATIFEngagement de reclassement, promesse de formation, garantie de solutions, sans contractualisation individuelle.
  4. 04DISPOSITIF SALARIÉS CONTRACTUELGarantie individuelle de reclassement à même niveau de rémunération, budget formation individualisé, engagement contractuel sur les délais.
  5. 05PROJET DÉFINI UNILATÉRALEMENTReconversion conçue par le groupe et présentée aux élus locaux comme fait accompli.
  6. 06PROJET COPRODUIT AVEC LES ÉLUSReconversion coproduite dès la conception, avec un comité de pilotage tripartite : groupe, élus, État.

3 400 riverains, salariés et parties prenantes synthétiques ont été interrogés sur les 4 stratégies de reconversion territoriale, avec plusieurs configurations du dispositif salariés et du dispositif de gouvernance. Les projections ont été calculées sur 60 mois, avec modélisation des dynamiques de mobilisation politique, des trajectoires d'emploi territorial et des relations avec les élus locaux.

Un bassin d'emploi
n'est pas
des salariés
face à des habitants.

POPULATION SIMULÉE

La population reconstruite couvre 1,1 million d'habitants, actifs, salariés, élus locaux, syndicats et parties prenantes territoriales du bassin d'emploi. Elle est calibrée sur les données publiques INSEE, les études territoriales des chambres de commerce et l'historique des mobilisations sur les deux fermetures industrielles précédentes du territoire.

Elle est structurée en 14 profils croisant l'exposition à la centrale, l'ancienneté sur le territoire, l'engagement politique et syndical, et le rapport à la transition énergétique.

  • SALARIÉS DU SITE

    380 personnes dont la trajectoire dépend directement du dispositif retenu

  • SOUS-TRAITANTS ET PRESTATAIRES

    activité dépendante du site, sans être employés par lui

  • COMMERCE ET ACTIVITÉ LOCALE

    exposition indirecte via la clientèle et le tissu économique du bassin

  • FORTE ANCIENNETÉ SUR LE TERRITOIRE

    plusieurs générations de familles ont travaillé sur le site

  • MÉMOIRE DES FERMETURES PRÉCÉDENTES

    deux fermetures industrielles dans le même bassin quinze ans plus tôt

  • ENGAGEMENT SYNDICAL

    fédérations syndicales prêtes à contester la fermeture

  • ÉLUS LOCAUX

    légitimité politique territoriale, position déterminée par la gouvernance du projet

  • RAPPORT À LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

    la décarbonation n'est pas lue de la même manière selon l'exposition au site

Ces configurations rendent visible une partie de l'hétérogénéité de la population. La simulation porte sur des individus synthétiques, et non sur quelques personas-types : la population ne se réduit pas à des salariés face à des habitants, mais à des expositions, des ancrages et des trajectoires distincts.

RÉACTIONS

À décision inchangée,
l'écart se joue
sur ce qui est annoncé,
quand, et avec qui.

  1. 01

    L'ANNONCE DE LA RECONVERSION DOIT PRÉCÉDER CELLE DE LA FERMETURE

    L'annonce simultanée de la fermeture et du projet de reconversion génère 34 % d'acceptation territoriale. L'annonce préalable du projet de reconversion — engagement chiffré sur les emplois créés, calendrier d'exécution, dispositifs de formation — six mois avant l'annonce officielle de la fermeture en génère 62 %. Le séquencement retourne la lecture symbolique : le territoire ne perd pas la centrale, il gagne un nouveau projet industriel.

  2. 02

    UN DISPOSITIF INDICATIF N'EST PAS UNE ALTERNATIVE

    Un dispositif salariés indicatif — engagement de reclassement, promesse de formation, garantie de solutions — génère 41 % d'adhésion. Un dispositif chiffré et contractuel — garantie individuelle de reclassement à même niveau de rémunération, budget formation individualisé, engagement contractuel sur les délais — en génère 78 %. La contractualisation individuelle transforme la lecture du dispositif : engagement crédible plutôt que promesse défensive.

  3. 03

    LA GOUVERNANCE DÉCIDE DU SOUTIEN POLITIQUE

    Un projet de reconversion défini unilatéralement par le groupe et présenté aux élus locaux comme fait accompli génère 48 % de soutien politique territorial. Un projet coproduit avec les élus dès sa conception, au sein d'un comité de pilotage tripartite associant groupe, élus et État, en génère 82 %. La coproduction transforme le projet en accord territorial négocié plutôt qu'en décision imposée depuis le siège.

  4. 04

    LE TERRITOIRE LIT LA DÉCISION À TRAVERS SES FERMETURES PASSÉES

    Deux fermetures industrielles dans le même bassin quinze ans plus tôt ont laissé une trace économique et sociale durable. La population synthétique a été calibrée sur l'historique de ces mobilisations : la crédibilité d'une promesse de reconversion se lit ici à travers ce qui a été promis, puis observé, une fois déjà.

Les écarts observés entre configurations — 34 % contre 62 %, 41 % contre 78 %, 48 % contre 82 % — portent sur la même fermeture, au même calendrier industriel. Ce ne sont pas des écarts d'opinion sur la transition énergétique.

LE SÉQUENCEMENT

Le jour de fermeture
n'est pas le jour 1
de la transition.

MÊME DÉCISION, DEUX SÉQUENCEMENTS D'ANNONCEANNONCE SIMULTANÉEFERMETURE + RECONVERSION34 %ANNONCE DE LA RECONVERSION D'ABORDPROJET DE RECONVERSIONFERMETURE62 %ACCEPTATION TERRITORIALE PROJETÉE, SELON LE SÉQUENCEMENT DES ANNONCESLE TERRITOIRE NE PERD PAS SEULEMENT UN SITE : IL VOIT OU NON CE QUI VIENDRA APRÈS

Les deux valeurs affichées sont celles documentées par la simulation : 34 % d'acceptation territoriale en annonce simultanée, 62 % lorsque le projet de reconversion est annoncé six mois avant l'annonce officielle de la fermeture.

Le séquencement retourne la lecture symbolique de la décision. Le territoire ne perd pas la centrale : il gagne un nouveau projet industriel, puis apprend la date d'arrêt de l'ancien.

PROMESSE OU OPTION RÉELLE

Un projet de reconversion
n'est pas encore
une alternative.

Le même engagement produit deux lectures différentes selon qu'il est indicatif ou contractuel. Ce n'est pas la générosité du dispositif qui change : c'est sa capacité à être exigé individuellement.

  • CE QUI RESTE UNE PROMESSEUn engagement de reclassement, une promesse de formation, une garantie de solutions : 41 % d'adhésion des salariés.
  • CE QUI DEVIENT UNE OPTIONUne garantie individuelle de reclassement à même niveau de rémunération, un budget formation individualisé, un engagement contractuel sur les délais : 78 %.
  • CE QUI CHANGELe contenu du dispositif est proche. C'est son degré d'exigibilité individuelle qui n'est pas le même.
  • CE QUE CELA SIGNALEUne alternative n'existe pour une personne que lorsqu'elle est chiffrée, datée et opposable.
Rue commerçante d'un bourg industriel : une boulangerie, une quincaillerie, l'entrée d'un atelier et une camionnette de livraison ; deux hommes discutent sur le trottoir.
Ce qui arrive au site ne reste pas dans le site. L'impact indirect estimé — 1 400 emplois territoriaux — se joue dans la sous-traitance, les prestataires et l'activité commerciale locale.

L'ANTICIPATION

Un futur annoncé
agit sur le présent
avant de se produire.

La fermeture était acquise à horizon 60 mois. C'est cette période, entre l'annonce et l'arrêt, que la simulation a traitée comme le véritable objet de la décision.

LA FERMETURE EST FUTURE

Elle est acquise politiquement à horizon 60 mois. Elle n'a pas encore eu lieu.

LES COMPORTEMENTS SONT PRÉSENTS

Dès que l'échéance devient crédible, les trajectoires professionnelles et économiques commencent à s'ajuster.

CE QUE LA SIMULATION OBSERVE

60 mois de dynamiques de mobilisation politique, de trajectoires d'emploi territorial et de relations avec les élus locaux.

CE QUE CELA IMPLIQUE

Le jour de fermeture n'est pas le jour 1 de la transition. La transition commence à l'annonce.

LES CASCADES

Les réactions modifient
le territoire
dans lequel se produisent
les réactions suivantes.

La simulation n'additionne pas des opinions individuelles. Elle a modélisé, sur 60 mois, les dynamiques de mobilisation politique, les trajectoires d'emploi territorial et les relations avec les élus locaux — c'est-à-dire des populations qui s'observent.

  • SALARIÉS DU SITELeur trajectoire dépend du caractère contractuel ou indicatif du dispositif d'accompagnement.
  • SOUS-TRAITANCE ET PRESTATAIRESUne part des 1 400 emplois territoriaux estimés dépend de l'activité du site sans en être salariée.
  • ACTIVITÉ COMMERCIALE LOCALEElle dépend de la population active qui reste, travaille et consomme sur le bassin.
  • ÉLUS LOCAUX ET SYNDICATSLeur position, selon la gouvernance retenue, ouvre ou ferme la possibilité d'un accord territorial.

COMPARAISON

Les configurations testées,
lues sur trois dimensions.

CONFIGURATIONACCEPTATION TERRITORIALEADHÉSION DES SALARIÉSSOUTIEN POLITIQUE
01Annonce simultanée de la fermeture et de la reconversionfaiblemoyenmoyen
02Annonce du projet de reconversion avant celle de la fermetureélevémoyenmoyen
03Dispositif salariés indicatifmoyenfaiblemoyen
04Dispositif salariés chiffré et contractuelmoyenélevémoyen
05Projet de reconversion défini unilatéralement par le groupemoyenmoyenfaible
06Reconversion annoncée en premier + dispositif contractuel + coproduction avec les élusélevéélevéélevé

Lecture comparative qualitative issue des configurations simulées. Les niveaux traduisent les écarts documentés : 34 % contre 62 % d'acceptation territoriale selon le séquencement, 41 % contre 78 % d'adhésion des salariés selon le format du dispositif, 48 % contre 82 % de soutien politique selon la gouvernance. Aucune configuration n'est sans coût : annoncer la reconversion d'abord suppose qu'elle soit déjà chiffrée et datée ; contractualiser le dispositif salariés engage juridiquement le groupe ; coproduire avec les élus impose de partager les arbitrages.

LE PLUS ROBUSTE

Reconversion annoncée avant la fermeture dispositif salariés chiffré et contractuel coproduction avec les élus au sein d'un comité tripartite

LE PLUS FRAGILE

Annonce simultanée dispositif indicatif et projet défini unilatéralement par le groupe

ARBITRAGE

Ce que la décision
a retenu.

À ANNONCER EN PREMIER
Le projet de reconversion, avec engagement chiffré, calendrier et dispositifs de formation.
À CONTRACTUALISER
Le dispositif salariés : garantie individuelle de reclassement, budget formation, délais opposables.
À COPRODUIRE
Le projet, avec les élus locaux, au sein d'un comité de pilotage tripartite groupe, élus, État.
À FINANCER
280 millions d'euros : dépollution du site, nouveau site industriel, dispositif de formation territorial.
À SURVEILLER
Le respect du calendrier annoncé, dont dépend la crédibilité de l'ensemble du dispositif.

PROJECTION, PUIS OBSERVATION

Puis le réel
est arrivé.

Le groupe a retenu la stratégie combinant l'annonce du projet de reconversion 8 mois avant l'annonce officielle de la fermeture, la coproduction du projet avec les élus locaux au sein d'un comité de pilotage tripartite (groupe, élus, État), un dispositif salariés chiffré et contractuel avec garantie individuelle de reclassement, et un budget de 280 millions d'euros couvrant la dépollution du site, l'investissement dans un nouveau site industriel — unité de stockage énergétique et production d'hydrogène — et le dispositif de formation territorial.

À 36 mois du déploiement, la trajectoire suit les projections. Le projet de reconversion est engagé, avec un calendrier respecté à 3 mois près. Le dispositif salariés a permis de reclasser 92 % des 380 salariés du site, dont 62 % sur le nouveau projet industriel et 30 % vers d'autres sites du groupe. Aucune mobilisation politique durable n'a émergé : les élus locaux soutiennent publiquement le projet. Le nouveau site industriel a créé 220 emplois directs à ce stade, avec une projection à 340 à 60 mois.

Ces valeurs sont celles documentées par le commanditaire. La méthodologie a été référencée par le groupe pour préparer les 4 autres fermetures programmées à horizon 60 mois.

SALARIÉS RECLASSÉS
92 % des 380 salariés du site
DONT SUR LE NOUVEAU PROJET
62 %, et 30 % vers d'autres sites du groupe
EMPLOIS DIRECTS CRÉÉS À 36 MOIS
220, avec une projection à 340 à 60 mois
CALENDRIER DE RECONVERSION
respecté à 3 mois près

ENSEIGNEMENT

Le problème
n'était pas
de fermer la centrale.
C'était de rendre crédible
ce qui existerait après.

La fermeture était acquise : aucune des configurations testées ne la remettait en cause. Pourtant, l'acceptation territoriale projetée variait de 34 % à 62 % selon le seul fait que le projet de reconversion soit annoncé avant, ou en même temps que, l'arrêt du site.

Le même mécanisme se retrouve à l'échelle individuelle et à l'échelle politique. Un dispositif salariés passe de 41 % à 78 % d'adhésion lorsqu'il devient chiffré et contractuel plutôt qu'indicatif. Un projet passe de 48 % à 82 % de soutien politique lorsqu'il est coproduit avec les élus plutôt que présenté comme fait accompli. Dans les trois cas, ce qui change n'est pas la décision, mais le degré de concrétisation du futur qu'elle propose.

FUTURS POSSIBLES

Une même fermeture.
Trois manières de l'accompagner.

A

COMPENSER

Dispositif salariés indicatif, projet de reconversion annoncé en même temps que la fermeture

  • un accompagnement existe dès l'annonce, sans construction préalable
  • acceptation territoriale projetée la plus basse des séquencements testés
  • adhésion des salariés à 41 %, l'engagement restant une promesse
  • le territoire lit une perte, sans contrepartie visible

B

REMPLACER

Projet industriel porté par le groupe, défini unilatéralement puis présenté aux élus

  • une activité nouvelle est prévue sur ou autour du site
  • continuité économique potentielle pour le bassin
  • soutien politique territorial à 48 %, contre 82 % en coproduction
  • le projet reste lu comme une décision prise depuis le siège

C

CONSTRUIRE L'APRÈS AVANT

Reconversion annoncée 8 mois avant la fermeture, dispositif salariés contractuel, comité de pilotage tripartite, 280 M€ engagés

  • acceptation territoriale projetée à 62 %, contre 34 % en annonce simultanée
  • adhésion des salariés à 78 %, soutien politique à 82 %
  • 92 % des 380 salariés reclassés à 36 mois, aucune mobilisation politique durable
  • dépend du respect d'un calendrier long et de la coordination de trois acteurs

MÉTHODE

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  1. DÉCISION
  2. POPULATION & TERRITOIRE
  3. STRATÉGIES
  4. TRAJECTOIRES 60 MOIS
  5. EFFETS DE SECOND ORDRE
  6. ARBITRAGE

1,1 million d'habitants et parties prenantes synthétiques reconstruits, 14 profils, 3 400 riverains, salariés et parties prenantes interrogés sur 4 stratégies de reconversion territoriale, et une projection sur 60 mois intégrant les dynamiques de mobilisation politique, les trajectoires d'emploi territorial et les relations avec les élus locaux.

Ce cas ajoute une capacité à la bibliothèque : simuler un futur annoncé. La fermeture n'a pas encore eu lieu, mais dès qu'elle devient crédible, les décisions présentes commencent à s'ajuster, et ces ajustements modifient le contexte des décisions suivantes.

Un cas réel.
Un groupe énergétique non nommé.

Ce cas est issu d'une simulation réalisée pour un groupe énergétique européen. Le groupe et le site ne sont pas nommés, aucune donnée nominative n'est entrée dans le système, et les résultats détaillés restent la propriété du commanditaire. Les comparaisons entre configurations publiées ici sont qualitatives ; les valeurs quantitatives citées sont celles documentées par le commanditaire.

La simulation porte exclusivement sur les réactions collectives et territoriales à différentes architectures d'accompagnement. Elle ne constitue ni une prise de position sur la décision énergétique elle-même, ni une évaluation individuelle de salariés, ni une prédiction de trajectoire personnelle.

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