PROGRAMMES SOCIAUX · ACCÈS AUX DROITS

« Comment déployer une plateforme numérique d'accès aux droits sans creuser le non-recours des publics les plus fragiles ? »

Une caisse d'allocations familiales départementale française préparait le déploiement d'une plateforme numérique unifiée, remplaçant progressivement les guichets physiques et les formulaires papier. La population concernée : 340 000 allocataires et non-allocataires potentiels.

La question n'était pas de savoir si les usagers préféraient le numérique ou le guichet. Elle était de savoir quelles frictions disparaissaient, quelles frictions apparaissaient, et pour qui.

À une table de cuisine, une personne lit un courrier administratif ; un ordinateur portable ouvert, un téléphone, des papiers, des lunettes et un carnet sont posés devant elle.
DÉCISION
Déployer une plateforme numérique unifiée d'accès aux droits dans une caisse d'allocations familiales départementale
POPULATION
340 000 allocataires et non-allocataires potentiels, 14 profils de rapport au numérique administratif
CE QUI EST TESTÉ
5 configurations de déploiement, 3 800 allocataires synthétiques interrogés
HORIZON
24 mois post-déploiement

LE PROBLÈME

Rendre le service
plus accessible
peut rendre le droit
moins accessible.

Le dispositif technique était solide : parcours numérique optimisé, simulateur de droits intégré, dispositif de pré-remplissage, système de notification proactive. L'ambition politique était double : améliorer l'efficience administrative et réduire structurellement le non-recours par la facilitation du parcours.

Une plateforme évite un déplacement, accélère une demande, rend le service disponible à toute heure. Elle ajoute aussi d'autres exigences : équipement, connexion, identifiants, documents numérisés, lecture, navigation, capacité à résoudre une erreur. Le problème n'est donc pas numérique contre physique. Il est : quelles frictions disparaissent, et quelles nouvelles frictions apparaissent.

Plusieurs études nationales documentaient le paradoxe des plateformes numériques d'accès aux droits : elles amélioraient le taux de recours global mais dégradaient l'accès des publics les plus fragiles, creusant l'écart de recours entre publics. La direction générale n'a pas voulu reproduire ce schéma et a mobilisé notre système pour tester 5 configurations de déploiement.

CE QUI EST ÉTABLI

  • une caisse d'allocations familiales départementale française
  • une plateforme numérique unifiée remplaçant progressivement guichets physiques et formulaires papier
  • un parcours numérique optimisé, un simulateur de droits intégré, un dispositif de pré-remplissage, une notification proactive
  • 24 guichets physiques sur le département
  • 6 territoires de fragilité concentrée identifiés
  • une ambition double : efficience administrative et réduction du non-recours

CE QUI DIFFÈRE POUR CHACUN

  • âge
  • rapport au numérique administratif
  • niveau de fragilité sociale
  • géographie de résidence
  • exposition antérieure aux dispositifs d'accès aux droits
  • historique des interactions avec la caisse
  • connaissance du droit et capacité à mener une démarche à son terme

ACCÈS AU SERVICE, ACCÈS AU DROIT

Ouvrir
une plateforme
n'est pas
faire exercer
un droit.

Entre un droit théoriquement ouvert et un droit effectivement obtenu se trouvent la connaissance du droit, l'engagement de la démarche, l'identification, les justificatifs, la compréhension des questions et la validation. La disponibilité technique n'est qu'une étape de ce parcours.

  • OUVRIR UNE PLATEFORMERendre le service disponible à toute heure, sans déplacement, avec un parcours optimisé et un pré-remplissage.
  • FAIRE EXERCER UN DROITConnaître le droit, engager la démarche, s'identifier, fournir les justificatifs, comprendre les questions, valider, obtenir.
  • CE QUI SÉPARE LES DEUXÉquipement, connexion, identifiants, documents numérisés, lecture, navigation, capacité à résoudre une erreur.
  • CE QUE MESURE LE CASSans accompagnement dédié, le recours des publics autonomes progresse de 18 pts en 12 mois pendant que celui des publics fragiles stagne ou régresse.

UNE MÉCANIQUE : LE NON-RECOURS EST UNE TRAJECTOIRE

On ne renonce pas
une fois pour toutes.
On décroche
quelque part.

LA DISPONIBILITÉ TECHNIQUE N'EST QU'UNE ÉTAPE DU PARCOURSLE PARCOURSPOINTS DE DÉCROCHAGE POSSIBLESJE DÉCOUVRE QUE J'AI UN DROITLE DROIT N'EST PAS CONNUJE COMMENCE LA DÉMARCHELA DÉMARCHE N'EST PAS ENGAGÉEJE M'IDENTIFIEL'IDENTIFIANT MANQUE OU EST PERDUJE FOURNIS MES DOCUMENTSUN JUSTIFICATIF N'EST PAS NUMÉRISABLEJE COMPLÈTE LE DOSSIERUNE QUESTION N'EST PAS COMPRISEJE VALIDEUNE ERREUR N'EST PAS RÉSOLUEJ'OBTIENS LE DROITLE NON-RECOURS PEUT ÊTRE PRODUIT À PLUSIEURS ENDROITS DU PARCOURS, ET PAS SEULEMENT À SON ENTRÉE

Schéma conceptuel. Il ne représente aucune valeur mesurée : il situe seulement les endroits où une démarche peut s'interrompre, du moment où le droit n'est pas connu jusqu'à celui où une erreur n'est pas résolue.

Le non-recours n'est pas une catégorie stable de personnes qui ne demandent pas. Il peut être produit par le parcours lui-même, à des étapes différentes selon les situations.

LA FRICTION SÉLECTIVE

Une friction
n'a pas
une valeur
moyenne.

Une même étape supplémentaire peut être négligeable pour une partie des usagers et bloquante pour une autre. C'est cette asymétrie qui produit le paradoxe documenté : un taux de recours global qui progresse, un accès des publics les plus fragiles qui se dégrade.

  • LA FRICTION N'A PAS UNE VALEUR MOYENNEUne étape supplémentaire absorbée sans difficulté par une partie des usagers peut interrompre définitivement la démarche d'une autre partie.
  • ELLE SÉLECTIONNE CEUX QUI CONTINUENTLe parcours numérique ne filtre pas les droits : il filtre les capacités à mener la démarche jusqu'à son terme.
  • CE QUE CELA PRODUITLe paradoxe documenté par plusieurs études nationales : un taux de recours global qui progresse, un accès des publics les plus fragiles qui se dégrade.
  • CE QUE CELA IMPOSE À LA MESUREUne performance moyenne en hausse peut coexister avec un écart de recours qui se creuse. La moyenne ne dit pas qui reste dehors.

CE QUI EST TESTÉ

Cinq architectures
d'accès au droit,
une seule plateforme.

Les cinq configurations ne se distinguent pas par leur interface. Elles se distinguent par ce qui entoure la plateforme : le moment où l'accompagnement est déployé, les relais territoriaux mobilisés, les canaux non numériques préservés, et la proactivité du contact.

  1. 01DÉPLOIEMENT STANDARDPlateforme unifiée déployée dans le calendrier initial, sans dispositif d'accompagnement dédié aux publics fragiles.
  2. 02ACCOMPAGNEMENT EN RÉACTIONAccompagnement dédié déployé après le lancement, en réaction aux difficultés constatées.
  3. 03ACCOMPAGNEMENT EN AMONTMême dispositif déployé 6 mois avant le lancement : formation en amont des publics fragiles, identification et formation des relais territoriaux.
  4. 04FERMETURE UNIFORME DES GUICHETSFermeture des guichets physiques sur l'ensemble du département, sans différenciation territoriale.
  5. 05FERMETURE DIFFÉRENCIÉE ET PROACTIVITÉPréservation des guichets dans les territoires de fragilité concentrée, accompagnement en amont, contact proactif à la première utilisation.

3 800 allocataires synthétiques ont été interrogés sur les 5 configurations de déploiement, avec relances dynamiques sur les moments de renoncement : abandon de démarche numérique, non-connaissance du droit, difficultés à trouver l'accompagnement. Les trajectoires ont été projetées sur 24 mois, avec modélisation des dynamiques d'accès aux droits par profil et par territoire.

Une population
ne se partage pas
entre connectés
et exclus.

POPULATION SIMULÉE

La population reconstruite couvre 340 000 allocataires et non-allocataires potentiels du département, calibrée sur les données propriétaires de la caisse — typologies d'allocataires, historique des interactions, indicateurs de fragilité — et sur les études nationales relatives à la relation des Français aux dispositifs administratifs numériques.

Elle est structurée en 14 profils croisant l'âge, le rapport au numérique, le niveau de fragilité sociale, la géographie de résidence et l'exposition antérieure aux dispositifs d'accès aux droits.

  • ÂGE

    le rapport aux démarches administratives numériques ne se distribue pas uniformément selon les générations, mais il en dépend en partie

  • RAPPORT AU NUMÉRIQUE ADMINISTRATIF

    utiliser un téléphone quotidiennement et mener une démarche administrative en ligne ne relèvent pas de la même compétence

  • NIVEAU DE FRAGILITÉ SOCIALE

    les fragilités documentées se cumulent plus souvent qu'elles ne se présentent isolément

  • GÉOGRAPHIE DE RÉSIDENCE

    6 territoires de fragilité concentrée ont été identifiés dans le département : la géographie est un paramètre décisionnel structurant

  • EXPOSITION ANTÉRIEURE AUX DISPOSITIFS

    avoir déjà obtenu un droit, ou avoir déjà échoué à l'obtenir, ne prédispose pas de la même manière à recommencer

  • HISTORIQUE DES INTERACTIONS AVEC LA CAISSE

    la population est calibrée sur les typologies d'allocataires et les indicateurs de fragilité propriétaires de la caisse

  • NON-ALLOCATAIRES POTENTIELS

    la population simulée inclut des personnes éligibles qui ne figurent dans aucune donnée d'usage du service

  • ACCÈS AUX RELAIS DE PROXIMITÉ

    mairies, associations, travailleurs sociaux, médiateurs numériques : la disponibilité d'un relais n'est pas la même partout

Ces configurations rendent visible une partie de l'hétérogénéité de la population. La simulation porte sur des individus synthétiques, et non sur quelques personas-types : il ne s'agit pas de figures représentatives, mais de situations, de contraintes et d'options distinctes.

RÉACTIONS

La plateforme
ne décidait pas
du résultat.

  1. 01

    L'ÉCART DE RECOURS SE CREUSE DANS LES DOUZE PREMIERS MOIS

    Dans les 12 premiers mois du déploiement, le taux de recours des publics numériquement autonomes progresse rapidement — +18 pts — tandis que celui des publics fragiles stagne ou régresse. Le creusement intervient dans cette fenêtre, indépendamment de la qualité intrinsèque de la plateforme. Un accompagnement dédié déployé simultanément au lancement est le seul mécanisme qui le prévient.

  2. 02

    LE MOMENT DE L'ACCOMPAGNEMENT COMPTE PLUS QUE SON EXISTENCE

    Un accompagnement déployé après le lancement, en réaction aux difficultés constatées, rattrape 34 % du creusement de l'écart de recours. Le même dispositif déployé 6 mois avant le lancement, avec formation en amont des publics fragiles et identification des relais territoriaux — mairies, associations, travailleurs sociaux, médiateurs numériques — en prévient 78 %. Le séquencement est structurellement plus déterminant que le volume.

  3. 03

    LA GÉOGRAPHIE DE LA FRAGILITÉ EST UN PARAMÈTRE DE DÉCISION

    Une fermeture uniforme des guichets physiques sur l'ensemble du département génère un creusement de l'écart de recours de 22 pts sur 24 mois. Une fermeture différenciée, préservant les guichets dans les 6 territoires de fragilité concentrée identifiés, limite ce creusement à 4 pts. Le canal non numérique n'a pas la même fonction partout.

  4. 04

    LA QUALITÉ TECHNIQUE DE LA PLATEFORME NE SUFFIT PAS

    Le dispositif technique était solide : parcours numérique optimisé, simulateur de droits intégré, pré-remplissage, notification proactive. Les études nationales documentaient pourtant le même paradoxe sur d'autres déploiements : un taux de recours global en progression, un accès des publics les plus fragiles en dégradation. L'architecture d'accompagnement, et non l'interface, sépare les deux issues.

+18 pts de recours pour les publics autonomes pendant que les publics fragiles stagnent ; 34 % du creusement rattrapé en réaction contre 78 % prévenus en amont ; 22 pts de creusement en fermeture uniforme contre 4 pts en fermeture différenciée. Il s'agit de la même plateforme, de la même population, du même département.

OPTIMISER LA MOYENNE

Le recours global
peut progresser
pendant que
l'écart se creuse.

DOUZE PREMIERS MOIS, SANS ACCOMPAGNEMENT DÉDIÉLANCEMENT12 MOISPUBLICS NUMÉRIQUEMENT AUTONOMES+18 PTS DE RECOURSPUBLICS FRAGILESSTAGNATION OU RÉGRESSIONL'ÉCART DE RECOURS SE CREUSEDYNAMIQUE STRUCTURELLE, INDÉPENDANTE DE LA QUALITÉ INTRINSÈQUE DE LA PLATEFORME

Le schéma reprend la dynamique documentée par le cas : dans les 12 premiers mois, le recours des publics numériquement autonomes progresse de 18 points, tandis que celui des publics fragiles stagne ou régresse.

Une performance moyenne en hausse n'est donc pas un indicateur d'équité d'accès. Les deux mouvements peuvent coexister, et se compenser dans une moyenne.

LE MOMENT DE L'ACCOMPAGNEMENT

Le même dispositif,
six mois plus tôt,
ne produit pas
le même effet.

LE MÊME DISPOSITIF, DEUX SÉQUENCEMENTSLANCEMENT DE LA PLATEFORMEACCOMPAGNEMENT EN AMONT−6 MOIS78 % DU CREUSEMENT PRÉVENUACCOMPAGNEMENT EN RÉACTIONAPRÈS34 % DU CREUSEMENT RATTRAPÉFORMATION EN AMONT DES PUBLICS FRAGILES ET IDENTIFICATION PRÉALABLE DES RELAIS TERRITORIAUX

Un accompagnement déployé après le lancement rattrape 34 % du creusement de l'écart de recours. Le même dispositif déployé 6 mois avant en prévient 78 %.

Le séquencement en amont suppose une inversion du calendrier classique : former les relais territoriaux et identifier les publics à accompagner avant même que la plateforme soit lancée.

RÉCUPÉRATION APRÈS FRICTION

Ce qui compte
n'est pas
l'absence d'erreur.
C'est ce qui suit.

La robustesse d'un dispositif se lit dans ce qu'il fait lorsque le parcours standard cesse de fonctionner. Beaucoup d'usagers n'ont pas besoin d'un accompagnement complet : ils ont besoin d'une intervention au bon moment, puis reprennent seuls.

SANS FILET

  1. ERREUR OU BLOCAGE
  2. MESSAGE NON COMPRIS
  3. PAS D'INTERLOCUTEUR IDENTIFIÉ
  4. ABANDON DE LA DÉMARCHE
  5. NON-RECOURS INVISIBLE DANS LES DONNÉES

LA MÊME CHAÎNE, APPUYÉE

  1. ERREUR OU BLOCAGE
  2. DÉTECTION DU BLOCAGE
  3. RELAIS TERRITORIAL OU GUICHET PRÉSERVÉ
  4. REPRISE DE LA DÉMARCHE
  5. OBTENTION EFFECTIVE DU DROIT
Dans une salle de lecture publique, deux personnes assises côte à côte à une table consultent ensemble un document papier posé à côté d'un ordinateur portable ouvert.
Le moment où le système redevient accessible tient souvent à peu de chose : quelqu'un à côté, au moment où la démarche s'arrête.

LES ABSENTS SONT UNE POPULATION

Ceux qui disparaissent
du parcours
disparaissent
aussi des données.

Un service observe ses utilisateurs. Le non-recours, lui, se joue largement hors de ses données. C'est la raison pour laquelle la population simulée inclut les non-allocataires potentiels.

CEUX QUI NE COMMENCENT JAMAIS

Une personne qui ignore son droit, ou qui n'engage pas la démarche, ne produit aucune trace dans les données du service.

CEUX QUI ABANDONNENT TÔT

Un abandon avant identification peut rester invisible : le système observe surtout ceux qui restent dans le parcours.

LE RISQUE POUR LA DÉCISION

Optimiser le parcours sur les usagers qui le terminent améliore la performance mesurée sans réduire le non-recours.

CE QU'APPORTE LA POPULATION SYNTHÉTIQUE

La population reconstruite couvre 340 000 allocataires et non-allocataires potentiels : elle inclut des personnes qui n'apparaîtraient dans aucune donnée d'usage.

COMPARAISON

Les cinq configurations,
lues sur trois dimensions.

CONFIGURATIONSIMPLICITÉ D'EXPLOITATIONROBUSTESSE POUR LES PUBLICS FRAGILESCOÛT D'ACCOMPAGNEMENT
01Déploiement standard, sans accompagnement dédiéélevéfaiblefaible
02Accompagnement déployé après le lancement, en réactionmoyenmoyenmoyen
03Accompagnement opérationnel 6 mois avant le lancementmoyenélevéélevé
04Fermeture uniforme des 24 guichets physiquesélevéfaiblefaible
05Accompagnement en amont, fermeture différenciée, contact proactifmoyenélevéélevé

Lecture comparative qualitative issue des configurations simulées. Les niveaux traduisent les écarts documentés : 78 % du creusement prévenu par un accompagnement déployé 6 mois avant le lancement, contre 34 % rattrapés en réaction ; 4 pts de creusement en fermeture différenciée, contre 22 pts en fermeture uniforme. Aucune configuration n'est sans coût : la plus robuste est aussi la plus exigeante à orchestrer.

LE PLUS ROBUSTE

Accompagnement 6 mois avant relais territoriaux formés guichets préservés dans les territoires de fragilité concentrée contact proactif à la première utilisation

LE PLUS FRAGILE

Plateforme seule fermeture uniforme des guichets, au même calendrier

ARBITRAGE

Ce que la décision
a retenu.

À AUTOMATISER
Le parcours standard, pré-rempli et notifié.
À ANTICIPER
L'accompagnement, six mois avant le lancement.
À PRÉSERVER
Les guichets des territoires de fragilité concentrée.
À RENDRE PROACTIF
Le contact lors de la première utilisation.
À MESURER
L'écart de recours, pas seulement sa moyenne.

PROJECTION, PUIS OBSERVATION

Dix-huit mois
après le déploiement.

La caisse a retenu la stratégie combinant le déploiement de la plateforme numérique unifiée dans le calendrier initial, un accompagnement dédié aux publics fragiles opérationnel 6 mois avant le lancement — formation en amont, identification et formation de 240 relais territoriaux : travailleurs sociaux, médiateurs numériques associatifs, personnels des mairies, animateurs d'associations de retraités —, la préservation des 6 guichets physiques situés dans les territoires de fragilité concentrée, et un dispositif de proactivité auprès des publics fragiles pour l'accompagnement à la première utilisation.

À 18 mois du déploiement, le taux global de recours aux droits est en progression de 14 pts par rapport à la période antérieure. Le taux de recours des publics fragiles est en progression de 8 pts, contre une projection sectorielle de −4 pts en déploiement standard. L'écart de recours entre publics numériquement autonomes et publics fragiles s'est réduit de 6 pts, au lieu de se creuser.

La méthodologie a été référencée par la Caisse nationale d'allocations familiales et est en cours de déploiement dans plusieurs autres caisses départementales. Ces valeurs sont celles documentées par le commanditaire : elles décrivent ce qui a été observé après la décision, sans établir de causalité exclusive entre le dispositif et chacun de ces mouvements.

TAUX GLOBAL DE RECOURS AUX DROITS
+14 pts par rapport à la période antérieure
TAUX DE RECOURS DES PUBLICS FRAGILES
+8 pts, contre une projection sectorielle de −4 pts en déploiement standard
ÉCART DE RECOURS ENTRE PUBLICS
−6 pts : l'écart s'est réduit au lieu de se creuser
GUICHETS PHYSIQUES PRÉSERVÉS
6 sur 24, dans les territoires de fragilité concentrée

ENSEIGNEMENT

La bonne architecture
n'était pas celle
qui supprimait
l'humain.
C'était celle
qui savait quand
le faire réapparaître.

Sans accompagnement dédié aux publics fragiles, l'écart de recours se creuse structurellement dans les 12 premiers mois, indépendamment de la qualité intrinsèque de la plateforme. Ce n'est pas le numérique qui produit mécaniquement le non-recours : c'est une architecture de déploiement qui laisse les décrochages sans réponse, et sans trace.

Le second enseignement porte sur le calendrier. Un accompagnement déployé avant le lancement prévient le creusement plus efficacement qu'un dispositif déployé en réaction aux difficultés constatées : 78 % contre 34 %. Ce principe implique une inversion du calendrier classique des déploiements. Il vaut pour les déploiements des caisses d'allocations familiales, mais aussi pour les autres déploiements numériques administratifs : impôts, retraites, santé, éducation, logement social.

FUTURS POSSIBLES

Une même plateforme.
Trois manières de la déployer.

A

DIGITAL FIRST

Plateforme unifiée déployée dans le calendrier initial, parcours principalement autonome, fermeture uniforme des guichets

  • disponibilité permanente et efficience administrative
  • recours des publics autonomes en progression rapide dès les premiers mois
  • creusement de l'écart de recours de 22 pts sur 24 mois en fermeture uniforme
  • les décrochages précoces restent peu visibles dans les données d'usage

B

ACCOMPAGNEMENT EN RÉACTION

Même plateforme, dispositif d'accompagnement déployé après le lancement en réponse aux difficultés constatées

  • réponse effective aux difficultés une fois qu'elles sont constatées
  • 34 % du creusement de l'écart de recours rattrapé
  • la fenêtre des douze premiers mois est déjà passée
  • coût d'accompagnement engagé sans le bénéfice du séquencement

C

PLATEFORME ET FILET HUMAIN

Plateforme au calendrier initial, accompagnement opérationnel 6 mois avant, relais territoriaux formés, guichets préservés dans les territoires de fragilité concentrée, contact proactif à la première utilisation

  • 78 % du creusement prévenu par le séquencement en amont
  • creusement limité à 4 pts avec fermeture différenciée
  • à 18 mois : +14 pts de recours global, +8 pts pour les publics fragiles
  • suppose de coordonner 240 relais territoriaux avant même le lancement

MÉTHODE

Avant de recommander,
nous avons fait réagir.

  1. 340 000 PERSONNES SYNTHÉTIQUES
  2. 14 PROFILS
  3. 5 CONFIGURATIONS
  4. 3 800 INTERROGÉS
  5. RELANCES DYNAMIQUES
  6. 24 MOIS
  7. ARBITRAGE

340 000 allocataires et non-allocataires potentiels reconstruits, 14 profils croisant l'âge, le rapport au numérique, le niveau de fragilité sociale, la géographie de résidence et l'exposition antérieure aux dispositifs d'accès aux droits, 3 800 allocataires synthétiques interrogés sur 5 configurations de déploiement, des relances dynamiques sur les moments de renoncement, et une projection sur 24 mois avec modélisation des dynamiques d'accès aux droits par profil et par territoire.

Ce cas ajoute une capacité à la bibliothèque : simuler l'architecture d'un service public comme un système d'accès, où une même friction n'a pas le même effet selon les situations, et où les populations qui décrochent le plus tôt sont précisément celles qui n'apparaîtraient jamais dans les données d'usage du service.

Un cas réel.
Une caisse non nommée.

Ce cas est issu d'une simulation réalisée pour une caisse d'allocations familiales départementale française. Le commanditaire n'est pas nommé, le territoire n'est pas identifiable, aucune donnée nominative n'est entrée dans le système, et les résultats détaillés restent la propriété du commanditaire. Les comparaisons entre configurations publiées ici sont qualitatives ; les valeurs quantitatives citées sont celles documentées par le commanditaire.

La simulation ne score aucun demandeur, ne décide pas qui doit recevoir un droit, n'identifie nominativement aucune personne vulnérable et n'automatise aucune décision administrative individuelle. Elle porte sur l'architecture du service et ses conséquences à l'échelle de populations synthétiques, en amont de la décision.

Votre prochaine décision

Quelle décision voulez-vous explorer ?

Décrivez votre besoin. Nous pouvons vous orienter vers le mode d’accompagnement adapté.

Et si vous testiez
votre prochaine décision ?

Posez votre décision. Voyez le futur qu’elle produit.

Explorer le produit