Une population ayant traversé une crise sanitaire ne se présente pas vierge au signal suivant. Elle dispose d'une expérience, de souvenirs, d'habitudes acquises puis abandonnées, d'une confiance ou d'une défiance envers les institutions, d'une perception des coûts sociaux et économiques des mesures, et d'une fatigue vis-à-vis de certaines pratiques.
La question posée par la direction générale de la santé n'était donc pas « les gens respecteront-ils les recommandations ? ». Elle était : quelle serait l'adhésion effective aux gestes barrières recommandés, dans un contexte de méfiance institutionnelle post-COVID, et comment les stratégies de communication institutionnelle influenceraient-elles ces comportements ?
L'autorité sanitaire a mobilisé notre système pour tester quatre stratégies de communication institutionnelle sur une population synthétique différenciée, avec une projection des trajectoires comportementales sur douze semaines.