Deux personnes possédant exactement le même véhicule peuvent réagir de manière opposée. L'une prend le métro, télétravaille deux jours par semaine, décale ses horaires ou change de véhicule dans l'année. L'autre travaille sur site, habite hors du réseau, commence très tôt, transporte du matériel et dispose d'un budget très contraint.
La catégorie « automobilistes concernés » est donc beaucoup trop grossière pour instruire la décision. Ce qui doit être simulé n'est pas la possession d'un véhicule, mais la capacité d'adaptation.
Le risque politique était identifié dès le départ : l'exclusion de fait des travailleurs modestes des couronnes péri-urbaines pour qui l'automobile constitue le seul accès au cœur métropolitain — soignants à domicile, artisans indépendants, ouvriers du bâtiment, personnels de nettoyage en horaires décalés. Ce qui restait inconnu, c'était l'effet des différentes architectures possibles du dispositif sur ces situations.